26/06/2006

Découvrir !

Là, je ne comprends pas bien ! Mon corps se transforme mais pas comme je le souhaite, pas comme je me sens ! Je veux être une fille, avoir de la poitrine, des longs cheveux et pouvoir m’habiller comme je le souhaite.

 

A ce moment-là, je ne sais pas si tous les jeunes de notre âge se comportaient comme cela. Et même si les rapports avec mes frères n’étaient pas super bon, il nous arrivait de parler de ça. D’être un garçon ou une fille ! Alors en cachette, avec mon grand frère nous asseyions des vêtements de notre mère. Je ne sais hélas dire ce qu’il ressentait, mais pour moi cela est vite devenu ma préoccupation primordiale ! Me retrouver seule dans la maison et pourvoir m’habiller avec les vêtements de ma mère.

 

Je dois bien dire, qu’étant déjà de nature fort solitaire. Cette découverte de me sentir super bien en femme n’a fait qu’accentuer cette solitude ! Me sentant de plus en plus différent, ne sachant pas vraiment mettre des mots sur ce que je ressentais. J’avais vraiment l’impression d’être face à un mur !

 

C’est lors d’une de mes visites quotidiennes chez mes grands-parents que je découvris un article dans le journal. Et dans cet article, il était question d’un médecin installé dans le sud de la France. Il aidait des jeunes hommes à devenir femmes. Je me souviens, presque une page entière avec plusieurs témoignages. C’était comme une révélation !

 

Non seulement il y avait d’autres personnes comme moi ! Mais en plus, d’un coup je comprenais qu’il y avait une solution à ce que je ressentais. A cet âge, 14/15 ans j’avoue que le nom de transsexuelle ne me disait rien ! Mais je ne retenais qu’une chose, c’était possible de devenir une fille !

 

Et pour la première fois, j’allais affronter ma mère et lui dire que : voilà, ce que je ressentais et voici un article ou on parle de gens comme moi ! Sa réaction m’étonna, pas de cri, pas de coup, même pas énervée. Elle pris une de ses veilles robes, me dit de la mettre au-dessus de mes vêtements de garçon. J’étais étonné, je lui dis que cela ne se met pas comme cela au-dessus d’une chemise et d’un long pantalon. Mais elle m’obligea et une fois habillée, elle alla appeler mes frères et les voisins. Moi du coup, je crus mourir face à toutes ces personnes qui se moquaient, qui rigolaient de me voir habillé de cette façon !

 

Du coup, je compris rapidement que la seule chose à faire, c’était de ne plus en parler, de me taire si je voulais survivre, Et attendre de pouvoir m’enfuir de là ! Loin de ces gens qui me détestaient et m’humiliaient !  

 

 

 

20:56 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/06/2006

Adolescence

Là, cela commence à devenir dur ! Même dur, dur ! C’est vers 11/12 ans qu’il me semble rentrer dans l’adolescence ou si on veut à cet âge-là, la préadolescence. Si jusque-là, je vivais sans trop me préoccuper de mon corps.

 

Voilà que celui-ci commence a me donne des signaux, il se met à bouger, se transformer ! Des poils apparaissent sur le dessus de la lèvre, sur le menton, pire sur les jambes, le ventre. La voix commence à muer. Et en plus il y a quelque chose entre les jambes qui commence vraiment à me poser de sérieux problème !

 

Mon univers à ce moment-là, c’est la famille et les brimades quotidiennes. Ma mère m’aime de moins en moins, mais c’est sur moi que toutes les corvées ménagères tombent ! Avec le recul, je me dis que ce n’était pas trop moche. Beaucoup de filles aident leur mère dans le ménage. Sauf que là, je ne suis pas encore une fille et que je ressens ces « corvées » plus comme une punition de sa part. Punition parce que je ne suis pas telle qu’elle souhaiterait que je sois !

 

Les écoles ne sont pas encore mixtes comme maintenant, je vis dans un environnement presque uniquement masculin. Les seuls moments de bonheur, c’est les visites chez ma grand-mère. Avec elle je peux parler, elle est douce et il y a beaucoup de tendresse en elle, j’aurais aimé lui ressemble plus tard ! Cela me permet de « tenir le coup » si je peux dire aussi !

 

Cela ne ce passe pas bien avec les jeunes de mon âges. Je ne suis vraiment pas a l’aise avec les garçons. J’aimerais mieux avoir des copines ! Cela arrivera ! Une fois dans l’enseignement secondaire, il y a des cours mixtes et je peux enfin parler avec des filles.

 

Mais les choses ne sont pas aussi simples ! Les garçons ne pensent qu’à une chose, draguer les filles. Et celles-ci ne pensent qu’aux garçons. Moi dans tout cela, je cherche juste à me construire une identité. Parler avec elles me suffit ! Cela provoque de la jalousie chez les mecs et de l’incompréhension chez les filles. Un garçon qui ne fait que de leur parler et qui ne cherche pas à sortir avec elle ! Qu’est-ce que c’est que ça ! 

 

 

 

 

 

 

22:03 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Enfant

Quand le courant ne passe pas entre une mère et un de ses enfants. Qui est coincé entre un grand frère fort turbulent et un petit frère trop gâté !

 

A une époque (les années soixante) ou l’éducation des enfants est encore fort sexiste. Marqué par les souvenirs encore très vivaces de la dernière guerre. Un petit garçon qui ne joue pas avec ses frères, qui n’aime pas jouer à la guerre ou au foot ! Mais préfère des jeux dit de fille ! C’est très, très mal vu par les parents ! Détail presque anodin maintenant lorsque l’on voit dans les crèches tous les enfants jouer ensemble. Mais qui faisait vraiment monter la pression il y a une quarantaine d’années, un gamin ne pouvait pas jouer avec une poupée !

 

Voilà comment j’ai grandi, à faire semblant de jouer avec mes frères à de vrais jeux de garçon ! Sans trop savoir pourquoi, je préférais d’autres jeux comme : une dînette, enfiler des colliers de perle ou vouloir une poupée.

 

Dans mon enfance, les saisons étaient encore bien marquées. Pas côté météo, non je parle des moments ou l’ont pouvait demander des jouets, la St Nicolas, Fête de Pâques et fête de Noël ! Le reste du temps il n’y avait pas de publicité et cela était tout à fait normal de ne parler de nouveaux jouets seulement deux, trois fois l’année.

 

Donc en dehors de ces moments-là ou l’incompréhension des parents se faisait sentir par des réflexions négatives à mon égard, je ne me posais pas trop de question sur ce que j’allais devenir plus tard !

 

 

 

  

16:47 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Comprendre ?

Alors pourquoi parler d’un passé aussi vieux ?

 

Justement, c’est parfois dans le passé que l’on trouve la cause de problème survenant parfois bien des années plus tard !

 

Mes parents sont des coloniaux comme ont disait à l’époque. Bref, l’après guerre c’est un peu l’âge d’or pour les travailleurs et mes parents habitent et travaillent donc au Congo belge. C’est pendant une de leur période de congé que je suis née.

 

Juste sur la fin de cette période. Mais ils doivent retourner en Afrique et je suis trop petite pour faire le voyage. Ma mère ne veut pas rester ici pendant que mon père retourne seul là-bas !

 

Ils me laissent donc à ma grand-mère et s’en vont ! Pour revenir me reprendre à leur prochain congé, trois ans plus tard ! Mais les choses ne sont pas si simple. A leur retour, ma mère est de nouveau enceinte, mon père malade et l’indépendance grondent au Congo ! S’ils ont une maison ici, elle est louée avec un baille. C’est donc chez mes grands-parents qu’ils vont vivre pendant deux années.

 

Et pendant toutes ces années, ce sera toujours ma grand-mère qui s’occupera des enfants. Voilà quelque chose qui m’a marqué à tout jamais. Les relations avec ma mère n’ont jamais été trop bonnes, même franchement mauvaise. Son côté « mère possessive » ne fera qu’empirer les choses.

 

Des conflits ne cessent de se produire entre ma mère et ma grand-mère et souvent j’en serais si non la cause, tout du moins la seule à prendre des coups dans l’aventure.

 

Ma mère ne m’aime pas et déjà je commence à sentir qu’elle cherche à m’étouffer !  

 

 

     

13:30 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

1955

 

Je suis née un jeudi 13 et s’il n’y a aucun rapport avec une quelconque malédiction (c’est le vendredi 13 et pas le jeudi qui pose problème à certain)

 

L’année de ma naissance, le 30 septembre de cette année-là. Il y a eu tout de même la mort de James Dean  acteur américain, dans un accident de voiture à l'âge de 24 ans. Le 22 septembre, il tournait la dernière scène de sa vie dans le film « Géant »

 

C’est le hasard qui fit quelques années plus tard, que mon frère aîné se tua à l’âge de 24 ans, lui aussi dans un accident de la route.

 

S’il doit y avoir une relation entre ces deux événements ! La mort de James Dean bouleversa des milliers de jeunes pour qui il était leur idole ! Pour moi, deux semaines après la mort de mon frère, j’arrivais à ma majorité et devait quitter le girond familiale pour m’assumer telle que je suis maintenant, femme.

 

Et cette mort accidentelle, bouleversa non seulement mon parcours mais aussi tout l’univers familiale. Difficile de dire à ses parents qui pleurent leur fils disparu tragiquement. Que leur deuxième enfant, aussi s’en va aussi ! Juste parce que qu’il ne peut se réaliser pleinement chez eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11:18 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2006

 

En rentrant chez moi il y avait les petits journaux « toutes boîtes »

 

J’aime les lires le soir après le souper. Pour y trouver des idées de sorties intéressantes et voilà que sur l’avant dernière page du « Passe-partout » il y a un tout petit article ciné news, sur le dernier film de Duncan Turker avec Felicity Huffman.

 

Transamerica !

 

Un road movie américain donc voici la description :

 

De quoi s'agit-il ? eh bien de la traversée des Etats-Unis de New York à Los Angeles, une bonne transversale mais pas si anodine que ça car ce n'est rien moins que le père Stanley, qui va chercher son fils caché Toby en prison... Là ou cela se complexifie, c'est qu'en réalité du père, il ne reste plus grand chose car c'est un transsexuel dans la dernière ligne droite pour devenir une femme... Il est question ici de rencontres, de vies difficiles et d'absence de jugements, vous comprendrez vite le pourquoi de ce propos... D'enfances brisées et de leurs conséquences et puis de sensibilité aussi car derrière cette homme-femme qui se transforme, on écoute plutôt la vie qui passe et la recherche de soi qui n'est pas si simple à palper, à évoquer aussi. L'amour existe aussi pour eux, chacun a sa part d'ombre...

 

Au delà du drame ce qui irradie le film c'est la vie et c'est ça quelque part qui fais la force du film, les drames passent mais la vie est là au-dessus, surmontant tous les désagréments, on se retrouve avec deux êtres charmants pleins de sensisibilité; il s'agit bien d'une famille recomposée...qui se découvre au fil des miles engloutis et même la grand-mère texane de Stanley/Bree caricaturale à outrance en devient sympathique...

 

Une très très belle et juste interprétation de Bree alias Stanley alias Felicity Huffman (elle est une des héroïnes de Desperate Housewives, pour les fans...) et de Toby alias Kevin Zegers

 

C'est pas mal du tout même si je m'attendais à quelque chose de différent, d'encore plus profond peut être, de plus subversif et engagé sans doute

 

C’était paru sur Blog Culturel le jeudi 04 mai 2006.

 

Et oui, cela pourrait ressembler à ma vie ! Au mois d’avril, j’avais acceptée une invitation à rencontrer des élèves de dernières années de logopédie. Pour justement leurs parler de mon parcours de transsexuelle, des difficultés rencontrées au fil de ma vie.

 

Depuis, l’idée d’écrire un blog a fait du chemin ! 

 

 

 

 

 

22:24 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |