08/07/2006

L'accident

Voilà depuis mon retour, ce n’était pas vraiment l’impression d’avoir changé intérieurement qui m’animais. Non, c’était de voir à quel point les autres, eux n’évoluaient pas aussi rapidement que moi !

 

D’accord que dans notre société, dans ce monde ou nous vivons, très peu de personnes bougent et évoluent. Je penserais bien qu’il doive y avoir plus de gens pour qui immobilisme est symbole de vie que d’autre qui vivent pour évoluer !

 

Toujours est-il que si mon retour ne fît pas plus de remous que mon départ. L’expression « tient t’es là, toi ! » Vaut bien toutes les dissertations sur le sujet.

 

Pour moi, il ne fait plus l’ombre d’un doute, dans quelques mois je serais majeur et libre de faire ce qu’il me plaît ! Je pense sérieusement à partir de là une fois le treize octobre passé. Déjà dans ma tête, je ne suis plus là depuis longtemps. Et c’est comme cela qu’un lundi matin, en revenant d’un week-end en France ou j’étais allée assister aux 24h du Bol d’Or qui avait encore lien sur le circuit du Mans. Un de mes vieux oncles mourut, premier branle bas de combat, c’est le mari de ma marraine. La sœur de ma mère, une femme qui a toujours besoin de se plaindre et de se faire assister. Il faut donc faire bonne figure pendant trois jours, jusqu’au jour de son enterrement, le 22 septembre. Et en passant, c’est le jour d’anniversaire de naissance de ma grand-mère, anniversaire qui ne sera jamais plus fêté !

 

Pour je ne sais plus quelle raison, cela faisait des mois que je ne parlais plus vraiment avec mes frères, bonjour/bonsoir, ça va ! Et c’était tout ! Désaccord avec mon frère aîné sur ma façon de vivre, dispute avec le cadet pour son non-respect vis-à-vis de vie ! Il y avait une fracture entre eux qui se trouvaient du côté de ma mère et moi qui partais déjà sur une autre voie !

 

Ce jour-là, 22 septembre 1976 ! J’ai eu une conversation « normale » avec mon grand frère. Une conversation comme avant, nous avions même ris ensemble et cela faisait longtemps que je ne l’avais plus vu aussi sympa avec moi. ! C’est sur l’insistance du cadet qu’il pris congé de nous qui étions toujours au banquet d’après funérailles. Je les imitais peu après pour aller reconduire des amis de mon oncle.

 

Sans le savoir, je venais de lui parler et de le voir pour la dernière fois vivant !

 

Ce qu’il s’est passé ensuite ? Je n’en sais trop rien. Je pense que lui et l’autre frère sont retourné. Puis qu’il a laissé sa voiture au cadet et qu’il est parti avec sa moto. Pour se tuer en voulant éviter une dame âgée qui traversait dans un virage sans visibilité ! Voilà, tout cela c’est passé très, très vite ! Trop vite pour bien réaliser, sortir d’un enterrement pour rentrer dans un autre ! Beaucoup plus atroce, parce que le mort était jeune, que personne n’était préparé à cela. Rien n’est acquit, rien n’est figé, tout est en mouvement, mais lorsque ces mouvements de la vie vous font basculer. Plus rien n’est plus comme avant !

 

Alors que j’étais en train de partir de cette famille sur la pointe des pieds. C’est un des piliers, le pilier, le fils aîné qui s’en allait brutalement ! Passer les premiers moments, enterrement, visites de sympathie, de soutiens à mes parents ! Lorsque la vie reprend doucement son cours normal, que les mâchoires commence à se relâcher et les langues à se délier. Au-delà des questions sur les circonstances de cet accident. Ce qu’il fallait à ma mère, c’était un coupable sur lequel s’extérioriser ! Et qui mieux que moi pour cela ? Elle me détestait depuis longtemps, je n’étais pas un mouton docile qu’elle pouvait manipuler à sa guise ! N’est-ce pas avec une de mes anciennes motos, qu’il s’est tué ? Cela suffisait bien pour qu’elle m’accable de tous les maux qui s’abattaient sur la famille. Et personne pour la contredire, je devenais « le coupable » de la mort de son fils aîné ! Il fallait qu’elle me détruise aussi et pour cela rien de mieux que de me faire prendre sa place ! Oui, il faillait que je me comporte comme mon grand frère ! Que je perte ma personnalité que je devienne celui qu’elle avait perdu !

 

Comment dans de tels moments peut-on réagir sereinement, alors qu’on est sois même bouleversé ? Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait ! Je ne savais plus quoi dire !

 

Partir ? Mais comment le pouvoir, le soir j’entendais pleurer ma mère dans sa chambre ! Et je me disais que non, il ne faut pas partir maintenant, que même si elle m’avait fait du mal, je ne pouvais pas lui en faire aussi en partant comme cela !

 

Ce fût l’aube de la période la plus noire de mon existence ! 

 

       

21:57 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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