08/07/2006

Voyage

L’année 1976 débute donc superbement bien ! Un boulot qui paye bien, certes qui n’est pas dans le style de ce que j’apprécie. Travailler dans un atelier de machines-outils d’une grosse société de transport de la région. En rentrant là, je pensais n’y rester que le temps d’avoir assez d’argent pour ma transformation. Puis rêve utopique de la jeunesse, me trouver un vrai travail plus féminin une fois bien dans ma « nouvelle » peau. Le hasard et les déconvenues feront que j’y ferais toute ma carrière.

 

Donc un boulot, enfin une moto qui me plaît et le bout du tunnel qui se profile à l’horizon ! Cette année 1976, sera bien la plus belle mais aussi hélas celle qui me marquera à tout jamais.

 

La plus belle, car c’est la première fois que je parts pour un grand voyage en solitaire et même plus, premier vrai grand voyage tout cours !

 

Un voyage jusqu’au Cap Nord en Norvège. Voyage que je vais préparer pendant plusieurs mois sous les regards mi-amuséss, mi-moqueurs de mon entourage. Tout le monde me prédit un voyage « jusque la frontière allemande » c’est dire si mon entourage est positif à mon égard ! Cette expression « jusque la frontière allemande » veut tout simplement dire que je ne ferais pas plus de 50km et retour. Autrement dit que je ne suis pas capable de partir. Voilà bien le reflet de toute l’étendue de l’œuvre de destruction de ma mère !

 

La seule personne qui ne me dira pas du mal de mon projet de voyage sera comme depuis toujours ma grand-mère, qui a foi en mes possibilités à accomplir ce projet ! Tout comme elle fût fière de tout ce que j’avais accompli dans ma vie jusqu'à ce jour-là !

 

Et voilà, c’est début juillet que je m’en vais avec ses dernières recommandations de prudence. La seule chose que j’ai en tête le premier jour, mettre le plus de distance possible entre moi et cette maison. Faire le maximum de kilomètres pour ne pas avoir l’envie de faire demi-tour ! Car voilà aussi un des effets pervers du conditionnement maternel ! A force d’entendre dire que je suis un « looser » il en reste des traces dans le subconscient. Des traces qui finissent bien par faire que l’on devient vraiment ce que les autres pensent de vous !

 

Si les deux, trois premiers jours vont être assez dur sur ce point, une fois en route, une fois les habitudes du voyage bien installées. Jamais plus, je n’aurais cette envie de « faire demi-tour » Voilà, un des moments fort de ce voyage. Je savais que je pouvais exister seul. Là ! J’en ai la confirmation ! Au fil de la route et de ses rencontres, des moments passés à voir autre chose, un autre monde, de respirer et de vivre simplement. J’en arrive vite à oublier qu’il y a dans une maison de cette banlieue liégeoise des personnes négatives à mon égard !

 

Et lorsque je dis « 1976 comme plus belle année » c’est principalement dû à ce voyage sans lequel peut-être je ne serais jamais arrivé à croire en mes possibilités à exister seul ! Et tout au long du reste de ma vie, je n’aurais de cesse d’y repenser lorsque tout allait mal et de travers ! comme un phare pour le bateau en perdition. Comme une lueur qui nous tire vers la fin du tunnel !

 

Oui, ce voyage en solidaire vers le Nord sera pour moi plus qu’un simple voyage de vacances. Ce point de repère sera même comme un fil rouge qui me guidera vers mon unique but personnel : être et vivre comme je le souhaite !

 

 

 

 

       

18:44 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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