09/07/2006

La nuit

Comme si la tête avait été heurtée par un météorite ! Suis déboussolée, je ne sais plus que dire, que faire. Suis devenue un automate !

 

C’est à ce moment-là que le copain du boulot, décide de se lancer dans la compétition moto. Sans trop savoir pourquoi, j’en fais de même. Et nous voilà embarqués dans un team super structuré pour une saison de course d’enduro, un genre de rallye avec des motos de tout terrain.

 

Quelque part, cela me convient bien. Il y a plein de préparation à faire, toujours en groupe. Puis la compétition en elle-même, c’est des heures et des heures de pilotages, concentration. Et en fait de compte, une grande fatigue mais aussi un bon moyen de me reconnecter à la réalité.

 

Mais il y a tout de même quelque chose de brisé en moi, cette foi en mon avenir ! Cette force qui me faisait tenir le coup en me disant qu’un jour « je serais femme » n’est plus aussi présente ! J’y pense mais ne trouve pas de solution, comme si un ressort était cassé ! C’est à partir de ce moment là, que je vais commencer à douter ! Mes poser des questions et pour seule réponse, je vais m’investir de plus en plus dans le sport, le bricolage et rester le plus longtemps possible en activité cérébrale, histoire de diluer cette envie de devenir femme !

 

Je vis à fond pour la compétition, puis voilà qu’une autre idée me vient en tête ! Traverser le Sahara à moto ! S’en est devenue une idée fixe au point que fin 1977, je revends tout le matériel de compétition et m’achète une nouvelle moto pour partir. Plus d’objection maternelle, elle est comme amorphe et puis elle se rend tout de même bien compte qu’il lui est difficile de me faire changer. Pour cela, il y a mon petit frère qui va reprendre le rôle du grand, mais avec des desseins malsains !

 

Ce sera un voyage tout différent de celui au Cap Nord. Plus dur physiquement, c’est la première fois que je touche le fond. Que je me vois mourir-là sans force et sans volonté de me secouer et de bouger ! Insolation, déshydratation, tourista auront raison de moi. Et c’est très affaibli que je reviens en Belgique. J’en reviens toute démolie, plus aucune envie, juste vivoter. Plus rien ne me motive et je me laisse porter par les événements. Toujours des activités motardes, concentrations, voyages et balades. Bref ! Je rentre dans le rang, je ne fais plus tellement des efforts pour rester un mec, cela devient presque naturel. Je suis résigné !

 

A ce rythme, les mois passent très vite et comme pour tout le monde. Entre 20 et 25 ans, c’est la période ou nous avons le plus d'amis. Puis au fil du temps, les couples se forment, les uns partent pour leur travail, d’autres meurent hélas aussi ! Certains se rangent seuls dans leur vie ! Moi, je n’ai jamais eu beaucoup d’amis et en plus, dans ceux que je pensais « amis » certains ne sont vraiment que des simples connaissances de passages !

 

Comme cela, ce qu’il y a de bon, plus le temps passe et plus je me retrouve seule ! Alors, le cerveau se remet doucement à refonctionner. Pour la première fois depuis la mort de mon frère, ce que je ressens en moi remonte à la surface ! Je me remets à penser à ce que je souhaite être ! Mais hélas, c’est plus de trois années de perdues ! 

 

 

   

12:09 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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