10/07/2006

Transition

A partir de ce moment-là, les choses vont bien bouger ! Mon voyage à Amsterdam et cette visite chez cette dame, fût comme un électrochoc. Les séances de psy m’aident à remettre de l’ordre dans mes idées. La fréquentation du groupe aussi, trois week-ends et deux samedis réparti sur une année scolaire.

 

Mais je bloque toujours sur ce qui pourraient tout déclancher, parler de ce que je ressens !

 

Au niveau des médias, il y a bien eu une émission de la RTBF dans les années 70. A « l’écran témoin » donc j’avais pu voir le téléfilm. Si mes souvenirs sont exacts, c’était un téléfilm anglais du nom de « Solitaire comme un nuage » mais pas su voir le débat.

 

Il y aura aussi une autre émission toujours dans le cadre de « l’écran témoin » sur la RTBF. Justement pendant cette période de ma vie dans les années 83/84/85. Le film, si je ne me souviens plus du titre, racontait l’histoire (vrai) d’une transsexuelle américaine, qui était une très bonne joueuse de tennis et devient même par la suite (si je me souviens bien) coach d’une célèbre joueuse américaine des années 70/80.

 

Et pour une fois, malgré que les vautours soient là, il m’est possible de voir le film. Personne ne voudra occulter le débat. Pendant le film, un numéro de téléphone apparaît à l’écran pour témoigner et poser des questions. Je suis fort troublée par cela, comment faire pour téléphoner sans que les autres s’en aperçoivent ? Et puis qu’est-ce que je pourrais dire ou demander ? Je suis coincée ! Puisque cette émission à lieu en direct dans un centre régional qui se trouve justement être à quelques kilomètres de chez moi. Il me vient en tête d’aller à la sortie des studios et là de demander des infos. Mais comment faire, il y a tellement d’habitudes dans cette famille, je ne sais pas quel prétexte je pourrais employer pour leur dire « bon il est 22h30, je vais faire un tour »

 

Oui, je suis vraiment bien coincée là-bas !

 

Et même si en fin d’émission, il y est mentionné les coordonnées ou il est possible d’avoir encore plus de renseignement, je reste figée là, sans bouger, sans prendre la moindre note concernant cette annonce !

 

Une petite réflexion venue avec le recul. Il me semble qu’une des choses qui m’a le plus bloquée, ce soit le fait de ne pas être devenue « naturellement »  femme !

 

J’entends par « naturellement » tout simplement de ne pas être née femme et d’avoir grandi fémininement. De devoir faire appel à la médecine pour se transformer et être tributaire à vie d’un traitement hormonal ! Simplement cela, sans même penser à la vaginoplastie. Simplement la prise de médicament, pour quelqu’un comme moi qui aie toujours été justement contre la prise de médicament quel qu’il soit ! Cela est dur d’accepter cette état de fait !

 

Oui, je pense qu’au fond de moi-même, c’est un des obstacles qui me fit le plus de tort !

 

Ce n’est pas tout ça ! Puisque je dis que les choses bougent tout de même ! En effet, me voilà qui achète enfin des vrais vêtements. Et pour éviter que mon frère ne les découvre en fouillant dans ma chambre, c’est dans un box pour voiture ou j’y mets ma moto que je les cache.

 

Et mes parents n’ont plus de caravane au bord de la Semois. Mais carrément un appartement à l’année. Ils y vont de plus en plus souvent et comme bien entendu mon frère qui est toujours collé à leurs basques les y accompagne ! Ils me laissent de longue période seule dans leur maison. Cela ajouté à toutes les petites améliorations qui se passent dans ma vie et dans ma tête, va provoquer en moi comme une impression de ne plus « être-là avec eux »

 

Dans ma tête c’est clair, je ne suis plus des leurs, si je reste encore dans le cercle familiale c’est d’une façon « transitoire »

 

Lors de ces périodes ou ils me laissent seule, je vis presque normalement en femme dans cette maison. Mon emploi du temps se résume alors au boulot, aux entraînements et compétitions d’athlétisme. J’arrive donc à bien gérer tout cela, ce qui me laisse assez de temps à passer seule à la maison. Et tous ces moments en femme ne sont que du bonheur pour moi. D’accord je ne sorts pas en rue et cela reste tout de même confiné dans un environnement restreint. Mais pour moi, cela mûrit doucement dans ma tête !   

 

     

11:44 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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