21/07/2006

98/2000

Tout à changer dans ma vie, je suis un mari, un père et socialement bien, je commence à être connu en politique, en sport cycliste amateur et j’ai de très bonne relation avec tout mon entourage. Sauf avec ma famille !

 

Pour pouvoir vivre normalement de cette façon, il n’y avait pas de choix possible ! Il me fallait couper les ponts définitivement avec ma mère et avec mon frère après la mort de mon père en 1995. Leur monde de vie et leur influence étaient vraiment trop négatives et à l’opposé de ce que j’essayais de construire comme vie « normale »

 

Tout comme il m’était nécessaire d’oublier toutes les choses qui pouvaient me rappeler mon passé et mon envie d’alors de devenir une femme. Oui, il me fallait « oublier »

 

Mais au fil du temps et des événements cela est vite devenu impossible ! Le gamin est à la crèche et un samedi il y a une marche organisée avec des jeux ! Et dans ces jeux, il y en a un ou il faut que je me travestisse le plus rapidement possible en femme en faisant un parcours d’obstacle ! Un jeu pour rigoler, mais là ! Pour moi, il avait une tout autre signification symbolique : la transsexualité ne me quittait pas !

 

Et en réalité, jamais je n’ai pu me couper de ce que je ressentais et de mon vrai passé, de celui qui me fit tenir le coup ! Lorsque je n’achetais pas de magazine de moto, c’était un de mes collègues qui m’en prêtait ou un de mes beaux-frères qui venait pour me parler de moto.

 

Les années passaient et cela devenait de plus en plus dur de tenir le coup. Doucement mais inexorablement je me refermais sur moi-même. Lorsqu’un jour je m’achetais un « Moto Journal » le n°1338 du 27 août 1998. En couverture, rien de spécial, juste une habitude de l’acheter toutes les semaines.

 

Et là en page 40, un portrait réalisé par le journaliste Jacques Bussillet. Journaliste de la grande époque du « Moto Journal » que je dévorais des yeux dans les années 70. Et un portrait de la seule femme qui peut se vanter d’avoir gagné des Grand Prix. Mais ces victoires furent remportées sous le nom et l’apparence de Mike Duff !

 

Oui aussi étrange que cela puisse paraître, c’était par la moto que j’avais survécu pendant des années. C’est aussi la moto qui m’ouvrit les yeux. En lisant le récit de Michelle Duff, je réalisais tout d’un coup qu’il n’y avait pas de limite d’âge pour une transformation. Seulement ce n’était pas tout de réaliser cela ! Comment faire pour me sortir de cette vie que j’avais depuis plus de dix ans ?

 

Ce magazine allait devenir mon vrai livre de chevet, j’y faisais super attention. Lorsque quelque chose me contrariait, lorsque le blues de la vie me submergeait, je ressortais ce « Moto Journal » et relisais cet article.

 

Au niveau de mes activités, la maison terminée, le fiston qui grandissait et prenait de l’indépendance. Les relations qui devaient conflictuelles dans le couple. Plus la seule chose que j’arrivais encore à faire pour tenir le coup, du sport et plus précisément du cyclisme faisait se lézarder de plus en plus ma motivation à rester un homme !

 

Comme un premier signal d’alarme, une chute inexpliquée dans une petite course et une clavicule de cassée. Incident qui arrive fréquemment en cyclisme. Avait pour moi des effets bien plus important. Car je me rendais doucement compte que je me dirigeais droit vers une impasse. J’avais appris à aimer ceux qui été autour de moi et là, ces quelques semaines d’incapacité à travailler et à faire du sport. Me fit voir que cette vie de couple était d’une superficialité illusoire !

 

Quelques mois plus tard, fin janvier 2000. un week-end anormalement chaud pour la saison, des températures maximum proches des 10 degrés. Une longue sortie d’entraînement le samedi, 100km à plus de 30km/h de moyenne. Je suis épuisée, mais décide tout de même, le dimanche matin de repartir pour faire de nouveau un maximum de km Pour cela, rien de tel que de le faire en peloton ! Et puisqu’il y en a un justement un pas loin d’où j’habitais, une habitude des cyclistes de la région de se réunir au parc industriel des Hauts Sarts à Herstal le dimanche matin !

 

J’y suis et je roule relax dans les roues. Comme il fait bon, je roule sans casque et puis voilà que ce peloton s’agite, cela devait nerveux et cela roule de plus en plus vite. Puis dans un virage, pour ne pas trop frotter et comme il y a un trou devant moi, j’accélère un peu et là ! Ca se referme sur moi et c’est la chute. A l’intérieur du virage, il y a de grosse bordure de béton ! Je suis touché à la tête ! Le trou noir, mal de tête et si je parviens à retrouver mon chemin. Lorsque je rentre chez moi, c’est pour être des plus mal accueilli.

 

Six mois après une clavicule de cassée, me voilà touché à la tête. Pour ne pas faire de nouvelle histoire, je ne dis rien. Pas de mention du mal de tête, juste que je ne me sente pas bien. J’invente une possible sinusite pour dire qu’il me faut de l’aspirine et je vais me coucher. Le mal de tête ne diminue pas au contraire, je me sens de plus en plus mal ! Je passe la nuit et le lundi matin, cela fait tellement mal que j’appel un médecin.

 

Je ne lui parlerais pas de la chute sur la tête, juste des douleurs que je ressens provenant d’un peu partout sur le corps. Et lui dis que j’ai juste un peu mal la tête. Même si je ne me sens pas vraiment bien, j’espère toujours que ces quelques jours de repos vont me suffirent pour ne plus avoir mal ! Et c’est vrai qu’au bout du troisième jour, il me semble que cela va mieux, je me sens vraiment bizarre mais arrive à ne pas le laisser paraître. Jusqu'à ce que je me mette à vouloir écrire ! Je n’y arrive plus et les quelques mots que j’arrive à coucher sur la feuille ne veulent rien dire ! J’essaye alors de lire et même constat, je regarde la page, mais ne comprends rien de ce qu’il y est écrit dessus !

 

Coup de fil à mon médecin, elle vient rapidement et là, seule je lui explique. Elle ne fait ni une, ni deux, téléphone à l’hôpital. Et comme il ne se trouve pas loin, j’y vais par me propre moyen. Pour ce qui serait juste pour moi qu’une simple confirmation que ce que j’ai n’est rien de grave.

 

Une fois là-bas et les examens passés, je ne peux plus repartir ! J’ai un hématome temporel de deux centimètres de grosseur et je suis réellement en danger. Je dois rester et me soigner à l’hôpital.             

14:49 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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