21/07/2006

Le tournant !

Cinq jours d’hôpital, Où une fois sous perfusion la douleur à la tête est plus que supportable. Les infirmières se sont chargées de prévenir l’école de mon fils et l’autre. A partir de là, je vais voir son vrai visage ! Exaspération, agressivité et abandon, lorsque je peux sortir de l’hôpital se sera seul ! Elle ne viendra pas me chercher en voiture, je retourne en bus ! Dans mon esprit, je serais mieux chez moi et même à l’hôpital je minimise ce que je ressens réellement. Une fois sans les perfusions et en dehors, c’est comme si je marchais sur de l’ouate, la tête lourde, le regard flou et l’impression de frissonner de partout !

 

Et l’expression lorsque je rentre : « tient, tu es là ! » Plus rien à ajouter, la messe est dite ! Plus rien ne sera plus comme avant !

 

Nous sommes début février et contrairement au mois de juillet et la fracture de la clavicule. Mon fils n’est plus en vacances et l’autre est à son travail ! Je suis seule toute la journée et cela n’est pas nouveau pour moi, je dois me débrouiller seul ! Une fois de plus, la confiance que j’avais mis dans les gens que j’aimais ou qui m’était proches n’est pas réciproque.

 

Si les premiers jours de ma sortie de l’hôpital ce passe surtout à dormir. Je remarque une chose, les symptômes que je ressens. Plus rien ne va comme je le souhaiterais. Dans la tête c’est comme si une bibliothèque venait de s’écrouler et tous les livres seraient par terre dans le plus grand des désordres !

 

Si en apparence tout semble normal, dans la tête se sera le chaos pendant plusieurs semaines. Ce qui va accentuer l’incompréhension qui c’est installé dans le couple. Peu à peu, je retrouve mes idées et me reconstruis petit à petit. Je vais souvent chez le médecin et s’il n’y a pas de vrai traitement, elle me conseille surtout de faire de la marche car de cette façon je pourrais retrouver plus vite toutes mes sensations au niveau de la jambe gauche qui par moment est un peu « hors contrôle » 

 

Ce qui va se passer ensuite est plus que bizarre ! Plus je retrouve mes facultés, comme l’orientation, le goût et l’appétit. Puisque petit à petit tout se remet en place dans ma tête. Je peux ainsi commencer à réfléchir sérieusement sur moi-même.

 

Et un fait nouveau va venir me troubler, le réveil le matin est toujours un peu pénible. Comme si j’émergeais d’un coma, il me faut du temps pour m’activer ! Et dans ces moments-là des premiers instants matinaux. Lorsqu’il me faut tendre le bras et  prendre avec la main mes vêtements qui se trouvent sur une chaise à côté du lit. Dans mon esprit, ce ne sont pas des vêtements masculins que je cherche, mais des vêtements féminins ! Comme si le cerveau blessé, se mettait en pilotage automatique et qu’instinctivement mon côté féminin prenait le dessus !

 

Cela me trouble, moi qui était tout compte fait résiné à reste un mec. Et me voilà à sérieusement y réfléchir. Mais plus j’y réfléchi et plus cela s’accentue, plus je suis troublé. Plus c’est difficile de me remettre à fonctionner « comme avant »

 

Deux mois se sont passés et je n’en peux plus ! Cette situation est presque intenable pour moi. Et si j’ai bien récupéré de la chute lorsque qu’un jour, je me rends encore très souvent chez mon médecin. Et un matin, une visite toute simple, pour lui dire comment je vais et voir si je reprends le travail ou pas encore. Je réponds à toutes ses questions et puis au bout d’un moment. Me voilà, toute penaude, d’une petite voix ! Je lui dis ce que je ressens, ce qui se passe dans ma tête tous les matins au réveil.

 

Et voilà, depuis l’expérience de l’annonce à ma mère à l’âge de quinze ans. C’est la première fois que je le dis à une autre personne ! Elle prendra le temps de m’écouter, de me poser des questions. De me demander de bien y réfléchir, pendant qu’elle de son côté, se renseigne sur l’approche médicale. Je lui dis que, oui je vais y réfléchir en attendant ce qu’elle pourra me proposer. Mais c’est fait, pour moi, j’ai réussi d’en parler et plus aucun doute pour moi ! Je ne veux plus rester comme je suis, un homme !

 

Cette période de réflexion qu’elle me demande, prendra encore deux bons mois. Pendant lesquels, elle cherchera, trouvera et prendra contact avec l’équipe médicale qui s’occupait à l’époque des transsexuelles de la région.

 

Et c’est en mai 2000 qu’après avoir pris contact moi-même, que je commencerais les tests médicaux et les visites chez les psychiatres et psychologues. Les choses ne sont pas super pendant cette période, toutes les personnes que je rencontre dans le cadre de ces tests de transsexualité sont plus que désagréables ! Un peu comme s’ils cherchaient à tester la motivation à vouloir changer de sexe et à me décourager !

 

Le plus dur, c’est du côté familial ! Plus rien ne va dans le couple, trop occupé par ce que je vis et par les réflexions dans lesquels je suis plongé. Seul les relations avec mon fils sont encore normales et c’est cela qui me fait le plus de tort. Comment faire pour en sortir ? Intérieurement, je ne souhaite plus vivre en homme et jouer une comédie, une mauvaise parodie de mec. Je ne veux plus avoir l’impression de mentir à mon fils !

 

Après six de tests, la psychologue qui a en charge tous les dossiers des transsexuelles doit m’annoncer les résultats, suis-je réellement ou non une transsexuelle ? Cette attende est insoutenable et je lui téléphone. C’est du bout des lèvres, comme presque à contre cœur qu’elle me dit «  oui, les tests sont bons et vous apparaissez fort fragile, mais nous allons tout de même vous prendre en charge »

 

Depuis cette phrase, je sais que le courant ne passera pas bien avec elle et l’avenir allait encore une fois me donner raison !

 

Les tests sont bons et il me reste maintenant à faire le choix le plus difficile de ma vie. Plus question pourtant de faire marche arrière ! Pendant cette période, je ne disais à personne que si je me rendais dans les hôpitaux c’était pour une question de transsexualité. Même, les relations au sein du couple commençaient à  s’améliorer! Et pourtant, il fallait que nous ayons une vraie discussion. Ce que j’arriverai finalement à avoir un jour en fin de journée dans le courant du mois de septembre.

 

Dans la discussion, je lui parle et elle m’écoute. Lui dit ce que je ressens, la confirmation médicale que c’est bien vrai. Elle semble comprendre et même, elle me pose des bonnes questions. C’est une vraie bonne discussion que nous avons là !  Et je lui propose à ce moment-là, que si elle souhaite m’aider à rester comme je suis, un homme. Et bien, je ne vais pas plus loin et nous resterons ensemble ! Sa réponse sera cinglante : « non, je ne t’aiderais pas, va-t-en ! »

 

Maintenant avec le recul, c’était peut-être la réponse qu’il me fallait ! Sur le moment, j’avais encore beaucoup de sentiment pour elle et pour mon fils. En plus de l’attachement pour tout ce que nous avions construit au fil de ces quatorze années passées ensemble ! Sur le moment, sa réponse me fit vraiment du mal !

 

Une page se tournait et je ne savais vraiment pas ce que sera mon avenir !

 

              

19:24 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

??? je peux comprendre ton mal-être, moi mème pendant des années j'éi tu mon homosexualité, je me croyais anormal mais maintenant je suis bien dans ma peau et ne suis plus gèné de cet état et je me suis marié récemment avec un homme super que j'aime et qui m'aime.
Je te souhaite bonne route dans ton choix.
Merci pour ton passage et ton com, c'est sympa !

Écrit par : guitou | 22/07/2006

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