22/07/2006

Seule

Le plus dur n’est pas d’aller habiter ailleurs, mais de partir d’ici !

 

Oui, voici bien la phrase qui peut résumer 25 ans de ma vie. Depuis mes 20 ans que j’essaye, que j’espère, me décourage, me résigne, reprend espoir pour gaffer et retomber !

 

Après avoir eu cette discussion avec l’autre, je culpabilise de les laisser-là. Dans mon esprit, ils n’ont pas à souffrir de ce que je ressens intérieurement et de mon choix de changer de sexe. Il n’y aura pas vente de nos biens, ni partage. Je partirais juste avec mes affaires personnelles donc certaines sont toujours emballées dans des caisses depuis que nous nous sommes mis en ménage 14 ans plus tôt ! A croire que les dés étaient pipés depuis le début ! 

 

Dans les jours et les semaines qui suivent, en pleine campagne électorale communale, au début de la plus longue grève que je n’ai jamais connue à mon travail. Me voilà à chercher et à trouver un peu appartement, sous-loué à un entrepreneur en chauffage. Il est situé tout au fond et au-dessus de leur hangar/atelier, j’y suis vraiment isolée !

 

Les premiers mois ne sont pas des plus agréable, l’appartement n’est pas en très bon état. S’il est en partie meublé, ce sont de très vieux meubles, je n’ai que deux chaises de camping comme salon et un lit de camp dans la chambre.

 

J’ai aussi commencé mon « coming out » avec mes collègues et mes proches. C’est dans des moments comme ceux-là que l’on voit le vrai visage des gens ! Beaucoup vont s’écarter de moi, d’autres se moqueront, heureusement rarement devant moi et quelques-uns feront preuve de compréhension en m’écoutant et en acceptant mon choix.

 

Dans le protocole, si je peux parler ainsi du suivi de ma transformation par l’équipe médicale de l’université. Il y est prévu un an de suivi psychologique, un an de traitement hormonal et puis l’opération de changement de sexe.

 

Pour moi, qui ais tellement attendu, il faut que cela aille vite. Plus envie de traîner, de repousser encore et encore quelque chose que je souhaite faire depuis tant d’années. Donc dans ma tête, l’année de suivi psychologique commence à partir des premiers contacts. Donc premier contact au mois de mai 2000, début du traitement hormonal : mai 2001 !

 

Mais pas pour la psychologue ! Il faut que ce soit elle qui décide si je suis prête pour commencer le traitement. Moi, j’avais remarqué depuis longtemps que cette dame était surtout une carriériste, qui courait les conférences, les colloques et autres plateaux télé pour se faire un nom et une réputation de spécialiste de la transsexualité. Donc, il me faut y aller une fois par mois et c’est pour m’entendre demander toujours les mêmes questions. Et voir toujours le même rituel, elle cherche mon dossier en me disant « et pourtant j’y ai travaillé hier soir » Mais à chaque fois, il me semble qu’il est tel qu’elle l’avait refermé un mois plus tôt !

 

Dans de telles conditions, il n’y a rien de positif pour moi en respectant ce protocole. Profitant d’un de ses nombreux voyages à l’étranger. Je pris donc contact avec l’endocrinologue, lui, il ne fit pas tant d’histoires, après quelques questions relatives à l’autorisation de la psy. Quelques essais infructueux de la contacter aussi que le psychiatre (lui, il m’avait déjà dit à la deuxième visite, que cela n’était plus nécessaire que j’y retour. Car il voyait bien qu’avec moi, il n’y aurait pas de problème) je reçu donc ma première ordonnance et pouvait enfin commencer le traitement hormonal ! 

 

 

 

    

20:25 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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