30/07/2006

Docteur

On est sur la fin de l’année 2001, cela fait des années que je rêve secrètement d’être une femme. Et là comme par magie, je le suis femme ! En y repensant comme cela, oui c’est presque de la magie. Tant il eut des moments décourageants. Comment ai-je pu garder espoir même en baisant les bras pendant de si longues années ?

 

Bon en septembre de cette année-là, je ne pensais pas vraiment à ce genre de réflexion. Et je ne profitais même pas d’être enfin comme je le souhaitais depuis des années. Tout allait trop, je vivais plutôt au jour le jour, avancer, toujours avancer ! J’allais encore une fois par mois chez la psy, les séances n’étaient vraiment pas fameuses, comme une impression d’y perdre mon temps. Si l’on ajoute en plus que ma façon d’avancer ne lui plaisais pas à cette psy. Simplement parce que je n’en faisais qu’à ma tête.

 

N’ayant aucun contact avec d’autres transsexuelles plus avancées que moi dans leurs parcours. Et ne connaissant que cette psy pour me renseigner (je n’ai eu l’Internet qu’en 2003) Il me fallait bien comme on dit «  la caresser dans le sens du poil » pour avoir les infos qui m’intéressaient ! Les adresses des chirurgiens pour me faire opérer !

 

A cette époque, elle m’en donna trois d’adresses. Une à Liège, mais celui-là spécialiste de la chirurgie plastique ne faisait plus ce genre d’opération. Il m’orienta vers son assistant !

 

Une autre à Gand que je voulais laisser en dernier lieu. C’est loin, pas la même langue et en plus il me fallait de nouvelle repasser par toute une série de test de prise en charge par cette équipe médicale, il est vrai très spécialisée dans la transsexualité.

 

Et puis la troisième à Bruxelles, celle du docteur qui m’opéra ! Comme je souhaitais me rendre compte avant de faire mon choix j’avais pris des RDV avec les deux praticiens en même temps. Donc avant de poursuivre sur la voie liégeoise, je me rendis à Bruxelles. La prise de RDV ne m’avais pas fait une bonne impression ! La première visite se transforma même presque en pugila. Ce type était spécial,  mais il était carrément génial !

 

Cette fois-là, nous nous étions disputé pendant presque qu’un bon quart heure pour en arriver à la même conclusion !

 

Mon choix était fait, trop génial ce docteur. Ce sera lui et personne d’autre qui m’opéra !   

 

 

 

 

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29/07/2006

OutGames 2006 

Et voilà, je parle, je parle, mais j’en oublie tout simplement les infos du moment !

 

Encore heureux que je fasse un tour sur quelques blogs et que je tombe sur un ou la fille en parle ! Les  1e Outgames qui ont lieux à Montréal au Québec

 

En voici le texte d’accueil pris sur le site :

 

L'événement
DE VRAIS SPORTIFS, DE VRAIS OBJECTIFS, UN RÊVE
Le sport porte en lui le pouvoir de voir au-delà des différences culturelles, ethniques et religieuses. Il rend les êtres humains égaux, rassemble les peuples, comme aucune autre activité, et fait tomber les barrières qui les séparent.

 

Du 26 juillet au 5 août 2006, les 1ers Outgames mondiaux réuniront un nombre impressionnant d’athlètes et de sportifs issus des communautés lesbiennes,gaies,bisexuelles et transgenres (LGBT),de partout à travers le monde. Dans un esprit d’inclusion, les 1ers Outgames mondiaux se veulent avant tout une célébration des sports, de la culture et des droits humains, pour tous, sans égard à l’orientation sexuelle.

 

La Conférence internationale sur les droits humains des LGBT, qui a lieu du 26 au 29 juillet 2006, donne le coup d’envoi de cet événement. Plus de 2 000 délégués traverseront le globe pour échanger et discuter dans les différents ateliers et plénières,où plusieurs sommités internationales prendront la parole :des juristes,des leaders d’opinion,des universitaires, des spécialistes et des défenseurs des droits de l’homme.

 

La « Déclaration de Montréal », qui clôturera les travaux de la Conférence,sera présenté à la cérémonie d’ouverture des jeux au Stade olympique, samedi le 29 juillet 2006,par la célèbre championne de tennis Martina Navratilova et le médaillé olympique canadien Mark Tewksbury.

Les 1ers Outgames mondiaux proposent, du 30 juillet au 5 août 2006, un programme comprenant 35 disciplines sportives, ouvertes à tous, de l’athlète élite au joueur amateur. Le programme culturel offre aux participants six différentes activités musicales, dansantes et sociales. Des événements d’envergure, haut en couleurs – Soyez sous les feux de la rampe !

 

Montréal, ville nord-américaine aux mille et un festivals, est une destination gaie et lesbienne très prisée des voyageurs internationaux. Cosmopolites, les montréalais, dans leur diversité, gais et non-gais, accueilleront plus de 16 000 participants en provenance de plus de 120 pays. Plus de 250 000 visiteurs voyageront à Montréal pour une expérience inoubliable et un succès retentissant.

 

Les 1ers Outgames mondiaux Montréal 2006 réalisent, par le sport, un pas en avant !

 

Soyez des nôtres !

 

http://www.montreal2006.org/accueil.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'histoire : suite

Reprenons un peu le récit de mon histoire !

 

Nous sommes donc au premier jour de ma vraie vie de femme, le 12 septembre ! Je dis bien ma vrai vie, car jusqu’à ce jour il me fallait sans accord de la direction continuer à m’habiller en mec et paraître encore un peu sous une forme masculine.

 

Alors que l’ont comprenne bien ! Lorsque je parle de pouvoir m’habillée, ce n’est pas d’une façon extravagante à la pouffe style zaza ou autres style transformiste ou les mecs poussent la féminisation à la parodie. Images qui collent encore dans les idées préconçues que les gens se font des transsexuelles !

 

Non, habillée normalement en femme cool et relax. Car pour moi mettre un pantalon ou un chemisier fille est tout à fait différent que des coupés garçons ! Et puis, il y a aussi les petits détails, même autres que maquillage, sac à main ou pouvoir enfin me coiffer comme je le souhaite ! C’est celui que je sois autorisée à travailler avec des vêtements du style qui me conviennent est une forme de reconnaissance de mon statut différent, je suis transsexuelle et je vais l’opération ! Plus que quelques mois !

 

Alors comment mes collègues ont-ils pris la chose ? Surpris que cela pisse me changer autant ! Avec des réflexions  positives, beaucoup me trouvent plus naturelle ainsi, d’autres me disent que cela me va mieux qu’avant. Ce que entre parenthèses, je savais déjà depuis bien longtemps !

 

Bon ce jour-là, je fut bien aidée par les événements de la veille qui se sont passés à New York ! Et cela m’arrangeait bien qu’ils aillent de la matière à discuter autre que de parler de moi. Après tout pour moi, je suis là pour travailler, pas pour m’exhiber !   

 

 

 

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24/07/2006

Au quotidien

Pas simple de vouloir raconter son histoire avant de parler du quotidien et en y mettant parfois un peu d’infos. Quelques explications justes pour suivre le commentaire sur le dernier post ou Neith disait :

 

Merci à toi, cela m'a touchée.
Je ne te "connais "pas encore, c'est d'autant plus adorable de ta part.
Petite question: J'avais côtoyé deux transsexuelles au Gate, elles me semblaient fines d'esprit, drôles et subtiles, très sympa, mais malgré mes tentatives, j'ai dû me rendre à cette raison: Elles préféraient rester entre elles.
Ce n'est pas la première fois que je m'aperçois de cela.
Snif, pourquoi rester entre Trans ?
 

 

Je ne connais pas beaucoup d’autres transsexuelles, j’en ai bien rencontré quelques-unes à Bruxelles au début de l’année 2002. C’était dans le cadre d’un mémoire réalisé par une étudiante en logopédie. A une époque ou sur les conseils de mon médecin, j’avais commencée une « rééducation de la voix »

 

Si la journée c’était bien passée, ce qui m’avait le plus frappé dans les conversations, c’est qu’elles parlaient d’un tas d’activités qu’elles faisaient ensemble. Il y en avait même qui souhaitaient faire une association d’aide aux transsexuelles.

 

Une association, je trouvais cette idée très bien. Dans le sens ou lorsque l’ont se découvre Trans, cela n’est vraiment pas facile de s’orienter et de trouver les bonnes personnes qui conviennent pour ne pas faire de bêtises.

 

Et puis cela est vrai, que pour une minorité comme sont les Transsexuelles dans notre société. Se regrouper peut parfois donner comme une impression de sécurité.

 

Si cela peut aider certaines qui rencontrent des difficultés dans leur environnement. Je trouve que ça coupe aussi un peu du reste de la vie quotidienne. Au fond, nous sommes des femmes comme les autres qui avons seulement connu beaucoup plus de difficultés au début de notre vie !

 

Et personnellement, je ne voulais absolument pas avoir une vie différente en fréquentant d’autres transsexuelles pour me sentir mieux dans ma vie de tous les jours. Justement, je voulais que ce sois cette vie de tous les jours qui fasse me sentir bien dans ma nouvelle identité de femme ! Etre bien dans ma tête, bien dans mon corps et bien dans ma vie !

 

Mais bien sur, c’est personnel et il ne faut surtout pas prendre cela pour une généralité, car dans une démarche comme la transsexualité, c’est souvent au cas par cas !  

 

         

20:39 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/07/2006

Flash info :

En parcourant les sites fait par et pour les transsexuelles. Je suis tombé sur ce texte :

 

Environ 30'000 à 40'000 femmes transsexuelles opérées vivent aux Etats-Unis et de nombreuses autres sont en train de réussir leur transition. Ces nombres sont bien plus élevés que ce que le grand public imagine, car un voile d’invisibilité cache la nature et l’étendue de la condition transsexuelle. Le plus caché est le grand nombre de femmes ayant réussi leur vie après leur transition. La raison en est que la plupart vivent discrètement et qu’elles se gardent bien de révéler leur passé même à leurs proches. Elles abandonnent leur passé derrière elles et se cachent afin d’éviter toute stigmatisation sociale et afin de construire une nouvelle vie. Leur réussite est une confirmation de leur intégration et du fait qu’elles se sont complètement intégrées dans la société.

L’invisibilité sociale de femmes ayant réussi leur vie alors même qu’elles ont du passer par une transition confirme aux yeux non avertis la très grande rareté des femmes transsexuelles. Cependant, le transsexualisme n’est pas si rare. Des calculs récents indiquent qu’une personne sur 250 à 500, ayant l’apparence d’un garçon à la naissance vivent cette réalité et qu’un adulte sur 2500 aux Etats-Unis est déjà passé par une opération de réattribution de sexe*. Le transsexualisme est donc deux fois plus fréquent que la sclérose multiple, la paralysie cérébrale ou le palais fendu.

L'invisibilité de ces succès soutient le préjugé qui veut que les transitions ont souvent des issues tragiques. Actuellement, les médias ne parlent des transsexuel/les qu'en deux occasions, à savoir quand "quelqu'un de bien connu change de sexe" et quand quelqu'un est victime de discriminations graves, qu'il s'agisse de harcèlement ou d'agressions. Les histoires des médias qui traitent de "quelqu'un qui change de sexe" n'ont jamais de suite pour savoir ce qui se passe plusieurs années après. En lieu et place, les médias se focalisent sur des personnes qui sont en cours de transition et sur les problèmes de ce moment précis et jamais sur la vie après. Ce biais conforte le préjugé de la société qui est que la transition amène à la marginalisation ou même pire, parce que "nous n'entendons plus parler d'eux après". Seules quelques histoires d'un éventuel échec et de victimes de harcèlement et d'agressions restent dans la mémoire à terme.

Manquant de modèles ayant réussi leur vie et confrontées à des images délibérément théâtralisées, marquées de stéréotypes outranciers provenant d'émissions telles que le Jerry Springer Show, les jeunes femmes transsexuelles sont souvent terrifiées de parler à qui que ce soit de leur condition. Alors qu'on leur rappelle constamment la violence et les discriminations que les personnes transsexuelles subissent, mais sans savoir qu'un grand nombre de femmes ont réussi à dépasser ces difficultés, de nombreuses jeunes femmes transsexuelles ne voient pas d'issue à leur situation terrible. La stigmatisation sociale du transsexualisme amène de nombreux jeunes à internaliser une large dose de honte non méritée et non justifiée, de la gène et se sentent coupables de leur condition. Il en résulte souvent que nombre de jeunes femmes transsexuelles gaspillent de précieuses années avant de pouvoir chercher de l'aide et nombre d'entre elles ne trouvent pas l'assistance dont elles ont besoin pour remédier à leur condition.

Récemment, le voile de l'invisibilité a commencé à se lever, alors que nombre de femmes opérées de par le monde ont commencé à créer des sites pour aider les autres. Certaines de ces femmes assument paisiblement mais ouvertement leur condition. D'autres ne la partagent que via le web, alors qu'elles restent très discrètes dans le reste de leur vie. Nous avons beaucoup de chance d'apprendre leur existence, quand elles font le pas de s'enregistrer sur des sites tels que celui-ci. Lynn espère qu'un nombre toujours plus grand de femmes vont tranquillement se révéler et pourront partager leur histoire via le web.

Les femmes enregistrées dans ces pages constituent un groupe très divers. Elles ont de nombreuses nationalités, races et origines ethniques. Elles proviennent d'une large palette de classes sociales et de types de familles. Elles ont fait leur transition à des âges très divers. Certaines ont été opérées depuis un long moment, d'autres ont fait leur transition plus récemment. Certaines ont assumé ouvertement leur condition depuis de nombreuses années, d'autres la gardent encore pour elles.

Nombre de ces femmes ont du subir de terribles épreuves afin de terminer leur transition. C'est encore plus vrai pour celles qui l'ont fait il y a des années. Certaines ont surgi de débuts terriblement difficiles et humbles, certaines se sont retrouvées sans domicile fixe et ont quand même fini par réussir! D'autres ont eu des transitions plus récentes et plus faciles, en tout cas dans les pays occidentaux qui sont plus tolérants. Certaines ont même eu la chance de pouvoir jouir du soutien de leur parent et de pouvoir faire leur transition durant leur adolescence! Comme vous le verrez, ces pages ne sont pas un "tableau d'honneur". Elles sont conçues comme une place ou des personnes très diverses mais néanmoins représentatives peuvent se mettre sur le devant de la scène et devenir plus visibles et jouer le rôle de "modèle" et sont même accessibles via le net en cas de besoin.

Ce qui fait de l'histoire de ces femmes sont des succès, ce n'est pas tant jusqu'où elles ont progressé dans leur carrière ni combien d'argent elles font, ni combien elles sont belles ni combien certaines sont célèbres quand bien même ces réussites sont importantes et elles montrent qu'une transition ne va pas forcément empêcher une femme de réussir selon les critères traditionnels. Cependant, les succès dont nous parlons ici sont ceux du cœur. Ce sont des succès en ce sens qu'ils montrent des femmes qui vivent leur vie pleinement. Nous le voyons dans les visages joyeux et nous le sentons au travers des lignes de leurs histoires. Ce sont les succès de femmes qui ont survécu et remédié à leur condition et qui ont réussi à trouver la joie et la paix dans leur vie.

Mises ensemble, nos histoires pourront graduellement aider à changer la perception qu'ont les gens de la condition transsexuelle. Après tout, nous sommes heureuses et nous contribuons activement à la vie: en tant que docteurs, avocats, scientifiques, ingénieures et programmeuses, comme pilotes de ligne, comme entrepreneures, managers, comme employées de bureau, comme professeures d'université, comme étudiantes en sciences politiques, en éducation, en sciences forensiques, en commerce, en couture et en tant qu'animateurs des médias. La réalité et la complétude de notre transformation physique ne peuvent être niée. Nombre d'entre nous sont épouses, amantes ou partenaires engagées dans des relations amoureuses durables. On peut mettre un visage humain crédible à la transsexualité en naviguant au travers des sites liés à ces pages, qui contiennent des informations au sujet de ces femmes qui ont réussi à trouver leur chemin.

Lynn souhaite que les histoires de ces femmes donnent de l'espoir et des encouragements, et fournissent des modèles aux autres, en particulier les jeunes femmes transsexuelles qui doivent entamer leur transition. En tant qu'adolescentes il leur faut apprendre qu'une complète réparation de leur condition est maintenant possible, grâce aux expériences acquises par les pionnières qui ont ouvert le chemin et en recourant à la médecine moderne. Elles pourront également partager cette connaissance avec leurs proches et leurs parents. Elles pourront aussi comprendre les avantages essentiels d'entreprendre cette correction aussi jeune que possible, au lieu de vivre dans l'angoisse et dans le mauvais corps pendant des décennies, avant de finalement faire leur transition comme un acte désespéré, beaucoup plus tard dans la vie. Si les parents peuvent juste voir combien leur enfant transsexuelle est juste "une fille avec un problème physique" plutôt que "un garçon avec un problème mental", cet enfant aura de bien meilleures chances dans la vie. Avec l'amour et le soutien de ses parents, une jeune fille transsexuelle pourra réaliser ses rêves et mener une vie de femme pleine et épanouie.

 

Et voici le site d’où vient ce texte :

http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TSsuccesses/TSsucc...

16:25 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/07/2006

Les débuts

Alors, comment cela ce passe les débuts d’une transsexuelle ?

 

Lors des premières discussions avec la psychologue et le psychiatre. Ils m’avaient bien dit, un an de suivi psychologique, un an de traitement puis opération. Mais aussi qu’il fallait un « réality life » ou quelque chose dans ce genre-là ! Bref, faut vivre d’abord en femme avant de se faire opérer !

 

Pour moi, pas de problème ! Première nuit dans mon appartement et le lendemain matin c’est un dimanche. Je vais faire un tour dans le quartier. Mauvaise idée et seule fois ou j’aurais des problèmes à cause de ma transsexualité :

 

C’est un quartier pourri, délabré et rendu tristement célèbre depuis peu avec l’affaire des deux gamines tuées ! Je marche sur le trottoir, il fait calme. Lorsqu’une voiture délabrée immatriculée en Allemagne passe au ralenti. A bord, deux gamins de type pakistanais, le passager me regarde, puis ils se parlent et redémarre. Font le tour du bloc de maison et reviennent pour me suivre au ralenti puis se mettent à ma hauteur ! Et commence à me parler dans leur charabia, je ne comprends rien mais au ton de leurs voix, ce ne sont pas des compliments qu’ils me disent !  En plus, il n’y a personne en rue ! J’accélère le pas, arrive sur un quai, je le prends à contre sens. Eux sont obliger d’aller de l’autre côté. Je ne connais pas le coin, je tourne alors dans une ruelle puis arrive dans ma rue juste au moment ou eux aussi réaparaissent face à moi ! Là, ils se font plus menassent, le passager sort un couteau et je n’ai plus d’autre choix que de crier ! Et de courir, je suis à quelques centaines de mètres de chez moi, eux ils hésitent à faire une marche arrière avec leur poubelle. A moins qu’ils aillent eu peur de la faire dans le sens unique ! Pour rentrer, j’ai une télécommande qui ouvre à distance le volet du hangar et avant qu’ils n’aient compris, je me volatilise ! Ce fut la peur de ma vie !

 

Par la suite, le plus gros problème fut à mon travail. Avant de m’y présenter en femme, il me faut en discuter avec la direction. Malheureusement pour moi, les gens qui la composent ne sont pas des personnes d’actions. Mais bien des « pistonnés  politiques » des gens qui sont là, juste pour la fonction, les avantages et leurs salaires, pas pour prendre des décisions ! Cela traîne en longueur et il faudra un coup de chance sous la forme d’une rencontre de mon médecin et d’une de ses vieilles amies proche du seul directeur de valable, pour qu’en quelques jours tout soit arrangé !

 

Comme cela parle beaucoup dans mon dos et que si cela se sais, si certains de mes collègues m’ont déjà vue en femme. Il faut bien dire que cela va faire des vagues une fois que je viendrais réellement travailler comme je suis depuis plusieurs mois dans ma vie privée !

 

Nous sommes début septembre, et le traitement hormones a déjà de beaux effets sur moi. Mais, pour mon travail, je mets toujours de vêtements masculins. Donc, après une petite discussion avec mon chef et le seul directeur qui me pris au sérieux il est convenu d’une date pour mon premier jour de travail en femme, le 12 septembre 2001 !      

 

 

 

 

 

21:49 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Seule

Le plus dur n’est pas d’aller habiter ailleurs, mais de partir d’ici !

 

Oui, voici bien la phrase qui peut résumer 25 ans de ma vie. Depuis mes 20 ans que j’essaye, que j’espère, me décourage, me résigne, reprend espoir pour gaffer et retomber !

 

Après avoir eu cette discussion avec l’autre, je culpabilise de les laisser-là. Dans mon esprit, ils n’ont pas à souffrir de ce que je ressens intérieurement et de mon choix de changer de sexe. Il n’y aura pas vente de nos biens, ni partage. Je partirais juste avec mes affaires personnelles donc certaines sont toujours emballées dans des caisses depuis que nous nous sommes mis en ménage 14 ans plus tôt ! A croire que les dés étaient pipés depuis le début ! 

 

Dans les jours et les semaines qui suivent, en pleine campagne électorale communale, au début de la plus longue grève que je n’ai jamais connue à mon travail. Me voilà à chercher et à trouver un peu appartement, sous-loué à un entrepreneur en chauffage. Il est situé tout au fond et au-dessus de leur hangar/atelier, j’y suis vraiment isolée !

 

Les premiers mois ne sont pas des plus agréable, l’appartement n’est pas en très bon état. S’il est en partie meublé, ce sont de très vieux meubles, je n’ai que deux chaises de camping comme salon et un lit de camp dans la chambre.

 

J’ai aussi commencé mon « coming out » avec mes collègues et mes proches. C’est dans des moments comme ceux-là que l’on voit le vrai visage des gens ! Beaucoup vont s’écarter de moi, d’autres se moqueront, heureusement rarement devant moi et quelques-uns feront preuve de compréhension en m’écoutant et en acceptant mon choix.

 

Dans le protocole, si je peux parler ainsi du suivi de ma transformation par l’équipe médicale de l’université. Il y est prévu un an de suivi psychologique, un an de traitement hormonal et puis l’opération de changement de sexe.

 

Pour moi, qui ais tellement attendu, il faut que cela aille vite. Plus envie de traîner, de repousser encore et encore quelque chose que je souhaite faire depuis tant d’années. Donc dans ma tête, l’année de suivi psychologique commence à partir des premiers contacts. Donc premier contact au mois de mai 2000, début du traitement hormonal : mai 2001 !

 

Mais pas pour la psychologue ! Il faut que ce soit elle qui décide si je suis prête pour commencer le traitement. Moi, j’avais remarqué depuis longtemps que cette dame était surtout une carriériste, qui courait les conférences, les colloques et autres plateaux télé pour se faire un nom et une réputation de spécialiste de la transsexualité. Donc, il me faut y aller une fois par mois et c’est pour m’entendre demander toujours les mêmes questions. Et voir toujours le même rituel, elle cherche mon dossier en me disant « et pourtant j’y ai travaillé hier soir » Mais à chaque fois, il me semble qu’il est tel qu’elle l’avait refermé un mois plus tôt !

 

Dans de telles conditions, il n’y a rien de positif pour moi en respectant ce protocole. Profitant d’un de ses nombreux voyages à l’étranger. Je pris donc contact avec l’endocrinologue, lui, il ne fit pas tant d’histoires, après quelques questions relatives à l’autorisation de la psy. Quelques essais infructueux de la contacter aussi que le psychiatre (lui, il m’avait déjà dit à la deuxième visite, que cela n’était plus nécessaire que j’y retour. Car il voyait bien qu’avec moi, il n’y aurait pas de problème) je reçu donc ma première ordonnance et pouvait enfin commencer le traitement hormonal ! 

 

 

 

    

20:25 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/07/2006

Le tournant !

Cinq jours d’hôpital, Où une fois sous perfusion la douleur à la tête est plus que supportable. Les infirmières se sont chargées de prévenir l’école de mon fils et l’autre. A partir de là, je vais voir son vrai visage ! Exaspération, agressivité et abandon, lorsque je peux sortir de l’hôpital se sera seul ! Elle ne viendra pas me chercher en voiture, je retourne en bus ! Dans mon esprit, je serais mieux chez moi et même à l’hôpital je minimise ce que je ressens réellement. Une fois sans les perfusions et en dehors, c’est comme si je marchais sur de l’ouate, la tête lourde, le regard flou et l’impression de frissonner de partout !

 

Et l’expression lorsque je rentre : « tient, tu es là ! » Plus rien à ajouter, la messe est dite ! Plus rien ne sera plus comme avant !

 

Nous sommes début février et contrairement au mois de juillet et la fracture de la clavicule. Mon fils n’est plus en vacances et l’autre est à son travail ! Je suis seule toute la journée et cela n’est pas nouveau pour moi, je dois me débrouiller seul ! Une fois de plus, la confiance que j’avais mis dans les gens que j’aimais ou qui m’était proches n’est pas réciproque.

 

Si les premiers jours de ma sortie de l’hôpital ce passe surtout à dormir. Je remarque une chose, les symptômes que je ressens. Plus rien ne va comme je le souhaiterais. Dans la tête c’est comme si une bibliothèque venait de s’écrouler et tous les livres seraient par terre dans le plus grand des désordres !

 

Si en apparence tout semble normal, dans la tête se sera le chaos pendant plusieurs semaines. Ce qui va accentuer l’incompréhension qui c’est installé dans le couple. Peu à peu, je retrouve mes idées et me reconstruis petit à petit. Je vais souvent chez le médecin et s’il n’y a pas de vrai traitement, elle me conseille surtout de faire de la marche car de cette façon je pourrais retrouver plus vite toutes mes sensations au niveau de la jambe gauche qui par moment est un peu « hors contrôle » 

 

Ce qui va se passer ensuite est plus que bizarre ! Plus je retrouve mes facultés, comme l’orientation, le goût et l’appétit. Puisque petit à petit tout se remet en place dans ma tête. Je peux ainsi commencer à réfléchir sérieusement sur moi-même.

 

Et un fait nouveau va venir me troubler, le réveil le matin est toujours un peu pénible. Comme si j’émergeais d’un coma, il me faut du temps pour m’activer ! Et dans ces moments-là des premiers instants matinaux. Lorsqu’il me faut tendre le bras et  prendre avec la main mes vêtements qui se trouvent sur une chaise à côté du lit. Dans mon esprit, ce ne sont pas des vêtements masculins que je cherche, mais des vêtements féminins ! Comme si le cerveau blessé, se mettait en pilotage automatique et qu’instinctivement mon côté féminin prenait le dessus !

 

Cela me trouble, moi qui était tout compte fait résiné à reste un mec. Et me voilà à sérieusement y réfléchir. Mais plus j’y réfléchi et plus cela s’accentue, plus je suis troublé. Plus c’est difficile de me remettre à fonctionner « comme avant »

 

Deux mois se sont passés et je n’en peux plus ! Cette situation est presque intenable pour moi. Et si j’ai bien récupéré de la chute lorsque qu’un jour, je me rends encore très souvent chez mon médecin. Et un matin, une visite toute simple, pour lui dire comment je vais et voir si je reprends le travail ou pas encore. Je réponds à toutes ses questions et puis au bout d’un moment. Me voilà, toute penaude, d’une petite voix ! Je lui dis ce que je ressens, ce qui se passe dans ma tête tous les matins au réveil.

 

Et voilà, depuis l’expérience de l’annonce à ma mère à l’âge de quinze ans. C’est la première fois que je le dis à une autre personne ! Elle prendra le temps de m’écouter, de me poser des questions. De me demander de bien y réfléchir, pendant qu’elle de son côté, se renseigne sur l’approche médicale. Je lui dis que, oui je vais y réfléchir en attendant ce qu’elle pourra me proposer. Mais c’est fait, pour moi, j’ai réussi d’en parler et plus aucun doute pour moi ! Je ne veux plus rester comme je suis, un homme !

 

Cette période de réflexion qu’elle me demande, prendra encore deux bons mois. Pendant lesquels, elle cherchera, trouvera et prendra contact avec l’équipe médicale qui s’occupait à l’époque des transsexuelles de la région.

 

Et c’est en mai 2000 qu’après avoir pris contact moi-même, que je commencerais les tests médicaux et les visites chez les psychiatres et psychologues. Les choses ne sont pas super pendant cette période, toutes les personnes que je rencontre dans le cadre de ces tests de transsexualité sont plus que désagréables ! Un peu comme s’ils cherchaient à tester la motivation à vouloir changer de sexe et à me décourager !

 

Le plus dur, c’est du côté familial ! Plus rien ne va dans le couple, trop occupé par ce que je vis et par les réflexions dans lesquels je suis plongé. Seul les relations avec mon fils sont encore normales et c’est cela qui me fait le plus de tort. Comment faire pour en sortir ? Intérieurement, je ne souhaite plus vivre en homme et jouer une comédie, une mauvaise parodie de mec. Je ne veux plus avoir l’impression de mentir à mon fils !

 

Après six de tests, la psychologue qui a en charge tous les dossiers des transsexuelles doit m’annoncer les résultats, suis-je réellement ou non une transsexuelle ? Cette attende est insoutenable et je lui téléphone. C’est du bout des lèvres, comme presque à contre cœur qu’elle me dit «  oui, les tests sont bons et vous apparaissez fort fragile, mais nous allons tout de même vous prendre en charge »

 

Depuis cette phrase, je sais que le courant ne passera pas bien avec elle et l’avenir allait encore une fois me donner raison !

 

Les tests sont bons et il me reste maintenant à faire le choix le plus difficile de ma vie. Plus question pourtant de faire marche arrière ! Pendant cette période, je ne disais à personne que si je me rendais dans les hôpitaux c’était pour une question de transsexualité. Même, les relations au sein du couple commençaient à  s’améliorer! Et pourtant, il fallait que nous ayons une vraie discussion. Ce que j’arriverai finalement à avoir un jour en fin de journée dans le courant du mois de septembre.

 

Dans la discussion, je lui parle et elle m’écoute. Lui dit ce que je ressens, la confirmation médicale que c’est bien vrai. Elle semble comprendre et même, elle me pose des bonnes questions. C’est une vraie bonne discussion que nous avons là !  Et je lui propose à ce moment-là, que si elle souhaite m’aider à rester comme je suis, un homme. Et bien, je ne vais pas plus loin et nous resterons ensemble ! Sa réponse sera cinglante : « non, je ne t’aiderais pas, va-t-en ! »

 

Maintenant avec le recul, c’était peut-être la réponse qu’il me fallait ! Sur le moment, j’avais encore beaucoup de sentiment pour elle et pour mon fils. En plus de l’attachement pour tout ce que nous avions construit au fil de ces quatorze années passées ensemble ! Sur le moment, sa réponse me fit vraiment du mal !

 

Une page se tournait et je ne savais vraiment pas ce que sera mon avenir !

 

              

19:24 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

98/2000

Tout à changer dans ma vie, je suis un mari, un père et socialement bien, je commence à être connu en politique, en sport cycliste amateur et j’ai de très bonne relation avec tout mon entourage. Sauf avec ma famille !

 

Pour pouvoir vivre normalement de cette façon, il n’y avait pas de choix possible ! Il me fallait couper les ponts définitivement avec ma mère et avec mon frère après la mort de mon père en 1995. Leur monde de vie et leur influence étaient vraiment trop négatives et à l’opposé de ce que j’essayais de construire comme vie « normale »

 

Tout comme il m’était nécessaire d’oublier toutes les choses qui pouvaient me rappeler mon passé et mon envie d’alors de devenir une femme. Oui, il me fallait « oublier »

 

Mais au fil du temps et des événements cela est vite devenu impossible ! Le gamin est à la crèche et un samedi il y a une marche organisée avec des jeux ! Et dans ces jeux, il y en a un ou il faut que je me travestisse le plus rapidement possible en femme en faisant un parcours d’obstacle ! Un jeu pour rigoler, mais là ! Pour moi, il avait une tout autre signification symbolique : la transsexualité ne me quittait pas !

 

Et en réalité, jamais je n’ai pu me couper de ce que je ressentais et de mon vrai passé, de celui qui me fit tenir le coup ! Lorsque je n’achetais pas de magazine de moto, c’était un de mes collègues qui m’en prêtait ou un de mes beaux-frères qui venait pour me parler de moto.

 

Les années passaient et cela devenait de plus en plus dur de tenir le coup. Doucement mais inexorablement je me refermais sur moi-même. Lorsqu’un jour je m’achetais un « Moto Journal » le n°1338 du 27 août 1998. En couverture, rien de spécial, juste une habitude de l’acheter toutes les semaines.

 

Et là en page 40, un portrait réalisé par le journaliste Jacques Bussillet. Journaliste de la grande époque du « Moto Journal » que je dévorais des yeux dans les années 70. Et un portrait de la seule femme qui peut se vanter d’avoir gagné des Grand Prix. Mais ces victoires furent remportées sous le nom et l’apparence de Mike Duff !

 

Oui aussi étrange que cela puisse paraître, c’était par la moto que j’avais survécu pendant des années. C’est aussi la moto qui m’ouvrit les yeux. En lisant le récit de Michelle Duff, je réalisais tout d’un coup qu’il n’y avait pas de limite d’âge pour une transformation. Seulement ce n’était pas tout de réaliser cela ! Comment faire pour me sortir de cette vie que j’avais depuis plus de dix ans ?

 

Ce magazine allait devenir mon vrai livre de chevet, j’y faisais super attention. Lorsque quelque chose me contrariait, lorsque le blues de la vie me submergeait, je ressortais ce « Moto Journal » et relisais cet article.

 

Au niveau de mes activités, la maison terminée, le fiston qui grandissait et prenait de l’indépendance. Les relations qui devaient conflictuelles dans le couple. Plus la seule chose que j’arrivais encore à faire pour tenir le coup, du sport et plus précisément du cyclisme faisait se lézarder de plus en plus ma motivation à rester un homme !

 

Comme un premier signal d’alarme, une chute inexpliquée dans une petite course et une clavicule de cassée. Incident qui arrive fréquemment en cyclisme. Avait pour moi des effets bien plus important. Car je me rendais doucement compte que je me dirigeais droit vers une impasse. J’avais appris à aimer ceux qui été autour de moi et là, ces quelques semaines d’incapacité à travailler et à faire du sport. Me fit voir que cette vie de couple était d’une superficialité illusoire !

 

Quelques mois plus tard, fin janvier 2000. un week-end anormalement chaud pour la saison, des températures maximum proches des 10 degrés. Une longue sortie d’entraînement le samedi, 100km à plus de 30km/h de moyenne. Je suis épuisée, mais décide tout de même, le dimanche matin de repartir pour faire de nouveau un maximum de km Pour cela, rien de tel que de le faire en peloton ! Et puisqu’il y en a un justement un pas loin d’où j’habitais, une habitude des cyclistes de la région de se réunir au parc industriel des Hauts Sarts à Herstal le dimanche matin !

 

J’y suis et je roule relax dans les roues. Comme il fait bon, je roule sans casque et puis voilà que ce peloton s’agite, cela devait nerveux et cela roule de plus en plus vite. Puis dans un virage, pour ne pas trop frotter et comme il y a un trou devant moi, j’accélère un peu et là ! Ca se referme sur moi et c’est la chute. A l’intérieur du virage, il y a de grosse bordure de béton ! Je suis touché à la tête ! Le trou noir, mal de tête et si je parviens à retrouver mon chemin. Lorsque je rentre chez moi, c’est pour être des plus mal accueilli.

 

Six mois après une clavicule de cassée, me voilà touché à la tête. Pour ne pas faire de nouvelle histoire, je ne dis rien. Pas de mention du mal de tête, juste que je ne me sente pas bien. J’invente une possible sinusite pour dire qu’il me faut de l’aspirine et je vais me coucher. Le mal de tête ne diminue pas au contraire, je me sens de plus en plus mal ! Je passe la nuit et le lundi matin, cela fait tellement mal que j’appel un médecin.

 

Je ne lui parlerais pas de la chute sur la tête, juste des douleurs que je ressens provenant d’un peu partout sur le corps. Et lui dis que j’ai juste un peu mal la tête. Même si je ne me sens pas vraiment bien, j’espère toujours que ces quelques jours de repos vont me suffirent pour ne plus avoir mal ! Et c’est vrai qu’au bout du troisième jour, il me semble que cela va mieux, je me sens vraiment bizarre mais arrive à ne pas le laisser paraître. Jusqu'à ce que je me mette à vouloir écrire ! Je n’y arrive plus et les quelques mots que j’arrive à coucher sur la feuille ne veulent rien dire ! J’essaye alors de lire et même constat, je regarde la page, mais ne comprends rien de ce qu’il y est écrit dessus !

 

Coup de fil à mon médecin, elle vient rapidement et là, seule je lui explique. Elle ne fait ni une, ni deux, téléphone à l’hôpital. Et comme il ne se trouve pas loin, j’y vais par me propre moyen. Pour ce qui serait juste pour moi qu’une simple confirmation que ce que j’ai n’est rien de grave.

 

Une fois là-bas et les examens passés, je ne peux plus repartir ! J’ai un hématome temporel de deux centimètres de grosseur et je suis réellement en danger. Je dois rester et me soigner à l’hôpital.             

14:49 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Mariage !

Voilà fin 86, je suis épuisée et malgré cela je cours. Je cours de plus en plus ! Je viens de faire un choix, le premier vraiment marquant de ma vie ! Mais c’est une très grosse erreur, celle de rester un homme !

 

Dans la confusion du moment, cette femme qui cherchait quelqu’un pour refaire sa vie. Qui me parlait mariage, enfant, vie de famille et maison m’attirait vers elle !

 

Comme un moyen, comme le seul moyen de trouver une solution aux problèmes que je rencontrais dans mes relations avec ma famille. Ce choix de rester un homme et de « devenir socialement normal » en fondant une famille n’était pas le bon. Mais en même temps et cela des années plus tard allait me permettre d’être enfin moi-même.

 

A 31 ans, sans aucunes expériences de la vie et des relations homme/femme. J’allais me lancer dans cette issue de secours et partir. De tout ce qui m’agitaient à cette époque, courir et oublier que je ne serais jamais une femme. Courir, courir et lorsque j’ai une baisse de régime, pour me motiver à aller un peu plus loin dans l’effort, je me dis en courant : « crève puisque tu ne seras jamais une femme » et cela marche sur le niveau des performances et sur les résultats en course. Illusions !

 

Tout va trop vite, au retour du voyage en Angleterre c’est chez elle que je vais dormir. La vie coupée en deux, des affaires chez elle. D’autres toujours chez mes parents ! Je suis comme un nomade dans la vie, partout avec un sac à dos. Je n’habite plus chez mes parents, mais pas encore avec elle. Le pas est difficile, je ne sens pas cette vie-là, réunions de famille par-ci, présentation par-là. Je ne suis plus moi-même mais je me laisse porter par le courant !

 

Et puis un jour il faut bien passer à l’acte et vraiment me comporter comme un mec ! Première relation et voilà à parler enfants et famille, cela c’est vite fait ! Là voilà enceinte et tout se précipite ! Il faut que l’on se mariés pour que j’attende cet enfant avec elle ! Sans vraiment comprendre, je trouve cela merveilleux et cet enfant c’est comme si pour la première fois de ma vie j’existerais pour quelqu’un !

 

Pour rester un mec, cela n’est tout compte fait pas trop compliqué. Il me suffit d’imiter les autres hommes qui gravitent dans mon entourage dans sa famille et à mon boulot.

 

Voilà comment pendant des années, j’arriverais à vraiment diluer ce sentiment de transsexualité ! En m’investissant énormément dans la vie et les occupations familiales, en restaurant une maison que nous avions achetée, en faisant de la politique communale et en faisant beaucoup, beaucoup de sport ! Des journées super bien remplient qui pendant des années ne me permettront pas de penser une seule minute à moi !

 

Je m’étais vraiment résigné à devenir moi-même et je jouais comme un rôle dans une vie qui n’était pas celle que je souhaitais !

 

Plus moyen de faire marche arrière non plus ! Je venais de réaliser à quel point ma mère était mauvaise tant elle me faisait des problèmes, des vacheries, coups bas et autres crasses en tout genre ! Et je ne me voyais pas me projeter dans l’avenir, si ce n’est au travers de mon fils qui grandissait.    

13:24 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |