06/09/2006

Des questions

Je travail dans un milieu essentiellement masculin et tous mes collègues ne sont pas obtus, carré primaire, au point de ne plus m’adresser la parole ou de m’éviter le plus possible. Mais il y en a tout de même dans une proportion de 10 à 20 % ceux-là, on oublie c’est dans  ma nature d’éloigner quiconque n’est pas positif.

 

Bon on parle un peu des autres. Tous ceux qui en parlant, en me côtoyant se sont bien rendus compte que je n’avais rien d’une bête de cirque. Qu’être devenue femme, j’étais même mieux dans ma peau, dans ma tête et bien sur, mieux dans mes relations avec les autres.

 

De ces collègues-là, il y en avait un fameux paquet qui me posait inlassablement le même genre de question ! Pour bien comprendre, avant j’avais quelque chose qui pendouillait entre les jambes et qui bougeait tout le temps, qui faisait des plis, des bosses dans la coupe d’un pantalon. Trop absorbée par ces problèmes qui me gâchaient la vie, je ne m’étais encore jamais rendu compte à quel point pour un mec, son sexe est important (et pour certains, peut-être encore plus important que leur bagnole ou arrivé à un certain âge, leur calvitie naissante)

 

Toujours est-il qu’inlassablement, les mêmes questions revenaient dans leurs discutions. Est-ce que je fais le bon choix ? Certains allant même jusqu'à me conseiller de vivre en femme et ne pas me faire opérer « c’était même mieux aussi » pour certains ! D’autres allant jusqu’à me raconter que telle une histoire vrai (ou simplement une rumeur urbaine comme il y en a tant d’autres sur tous les sujets qui font peur dans notre société) d’une transsexuelle c’étant faite opérée, regrettait son choix et fini par se suicider ! Ou me mettant en garde que mon choix était irréversible et me demandant si j’en étais bien consciente !

 

J’avais beau leurs expliquer que c’était justement cela qui m’embêtait le plus dans ma vie, tant que je devais me promener avec ces attributs, je ne pourrais pas avoir une vie pleinement de femme, juridiquement et socialement parlant. Et finalement pour ceux qui insistaient vraiment de trop, que je voulais pouvoir m’asseoir et croiser les jambes sans avoir l’impression d’écraser une partie d’un cerveau masculin.

 

Mais moi ! Ce qui me faisait vraiment peur dans l’histoire. C’était l’anesthésie totale, la longueur d’une opération délicate, le nombre de jours à passer à l’hôpital, la douleur, les soins post-opératoire, ne pas rester trop longtemps sans travailler. Oui tous ces détails-là. Mais certainement pas que l’on m’enlève des vestiges de mon passé !

 

   

13:49 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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