24/10/2006

Sortir de l'hôpital

La particularité des transsexuelles, c’est l’obligation d’un traitement hormonal à suivre régulièrement et en plus à suivre toute sa vie !

 

Mais voilà pour subir une opération telle qu’une vaginoplastie, il était obligatoire de stopper ce traitement quinze jours avant la date de l’opération. Et ensuite, la reprise du traitement était à l’appréciation du chirurgien.

 

Avec les petits soucis qui me sont tombés dessus (l’abcès en deuxième semaine) cela a provoqué chez moi un manque d’hormones, en plus de la fatigue (et oui, même sans rien faire d’autre que de me reposer) une fatigue probablement des suites de l’opération, anesthésie, perte de sang, etc. Me voilà transformée en pleureuse, un rien me voyait fondre en larme !

 

Le deuxième week-end que je passais là-bas allait se terminer et voilà que le chirurgien me donna l’autorisation de retourner chez moi. Comme je viens de le dire un rien me faisait pleurer ! Alors très affaiblie, très émotive et ne réfléchissant plus très bien (beaucoup d’idées noires quoi !) J’avais peur de me retrouver seule dans un taxi ou dans le train ! Je téléphonais aux seules personnes qui m’avaient montré de la sympathie en me rendant une petite visite (trois visites en 14 jours) Jean-Claude un collègue, ne sais pas venir, il est en vacances en Irlande. Elisabeth, une transsexuelle aussi (rencontrée lors d’un colloque sur la féminisation de la voix et qui projettait de créer une association d’aide aux transsexuelles) mais je n’arrive pas à la joindre sur son téléphone portable.

 

Ce sera finalement Madeleine, la seule vraie amie de longue date qui ne me laissa pas tombée pendant tout mon parcours, qui fera le trajet pour venir me rechercher ! Le dimanche 10 juin 2002 en fin de journée, je quitte l’hôpital. Lorsque je rentre chez moi, jamais je n’ai vu mon appartement aussi beau, je me sens libre et heureuse de retrouver mes repères ! 

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21:21 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/10/2006

Dernière semaine !

Aller ! Je reprends mon histoire, ce petit souci supplémentaire donc je me serais bien passé (l’abcès dans le bas-ventre lors de la deuxième semaine) qui va me faire rester beaucoup plus longtemps que prévu aura au moins un point positif !

 

Car cette deuxième semaine va être marquée par la venue de ma dernière voisine de chambre, Emma. Si les trois précédentes était toutes biologiquement femme. Emma, elle est comme moi, une transsexuelle ! Beaucoup plus jeune et venant de Paris pour la même opération que moi (et par le même chirurgien, bien entendu !)

 

Le jour de son arrivée, tout allait bien pour moi et je pensais même pouvoir faire le trajet du retour chez moi en taxis/train/taxis. Si les contacts étaient très bons avec les autres filles dans la chambre, là, il faut dire qu’avec Emma il y en avait des choses à se dire. Comparaison de nos parcours, de nos vies, etc.

 

Bref, le temps passait beaucoup plus rapidement et même la douleur de plus en plus envahissante ne gâchait pas la bonne humeur dans la chambre. Il y avait juste que cette infection m’affaiblissait de plus en plus. Le contraire de ce que j’espérais quelques jours plus tôt, je ne me voyais plus rentrer chez moi ! Comme si je m’effrontés de plus en plus physiquement, pour en arriver enfin à ce qui me marquera le plus, l’incision pour enlever cette infection !

 

Emma et moi somme finalement restée en contact pendant pas mal de temps. Même qu’elle m’invita 15 mois plus tard à son mariage.

 

Comme quoi il est aussi possible d’être transsexuelle, d’avoir un passé lourd à porter fasse aux stéréotypes sociaux bien encrés dans la tête des gens et de pourvoir vivre normalement comme n’importe quelle autre femme !     

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13:17 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/10/2006

2000 - 2006

Amusant cet intermède électoral ! Car sans le faire exprès en parlant de ces élections communales de 2006. Cela me replonge six années en arrière. Aux dernières communales, où j’étais encore « autrement » et militais dans une commune de la banlieue.

 

Il me fallait respecter des engagements politiques au niveau du parti, engagements pris bien avant de commencer mon parcours de transsexuelle. Je fis une compagne électorale avec tout autre chose en tête : l’attente des résultats des tests demandé par l’équipe de l’université qui s’occupait de l’accompagnement des transsexuelles.

 

C’est en pleine grève, et juste après les élections communales de 2000 que je m’envola ! Déménagement et installation dans mon nouvel appartement et première nuit seule, le jour de mon anniversaire. Heureusement ce n’était pas un vendredi comme cette année !

 

La chenille, pouvait commencer à tisser son cocon ! Elle allait devenir papillon ! 

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21:34 Écrit par Loulou dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/10/2006

De retour

Un petit interlude dans le récit de mon histoire. On laisse cette opération qui a eu lieu il y a plus de quatre ans, pour donner des news de maintenant !

 

J’existe toujours mais plus beaucoup le temps d’écrire. Car j’étais partie en vacances, puis de retour j’ai commencé une autoformation pour mieux maîtriser quelques programmes informatiques qui me posaient des problèmes au boulot. Puis un week-end dans un parc d’attraction pour l’anniversaire de mon employeur (anniversaire du groupe qui nous emploie, pas celui du big boss, hein !)

 

En plus j’accompagne des amis sur des courses automobiles, donc il y a des week-ends ou il m’est difficile d’être devant mon ordinateur ! Et maintenant faut aller voter !

 

Et à ce sujet, en écoutant le dernier CD de Renaud « Rouge Sang » qui vient de sortir. J’ai trouvé ces quelques lignes (de la chanson, sentimental mon cul) qui pourraient bien être d’actualité si tout le monde va voter comme des petits moutons de Panurges pour ceux qui gueulent le plus qu’avec eux cela va bouger :

 

Putain de foule anonyme
Majorité mal-pensante
Troupeau de bœufs qui n'exprime
Qu'une pensée dégoulinante […]
Sentimentale mon cul
Ces foules qui défilent
En bramant de ces slogans vengeurs
Qui envahit nos rues
Multitude débile
Milliers de poitrines
Un seul cœur.

 

Bon aller moi j’y vais avant que les bureaux de vote ne ferment leurs portes ! Et voulez savoir pour qui je vais voter ? Un indice ! C’est le seul parti qui a respecté ses engagements et qui s’est fait descendre dans la fameuse affaire du tabac et du GP F1 de Francorchamps par tous les hypocrites qui étaient au pouvoir au moment de signer ces fameuses lois anti-tabacs !  

 

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12:55 Écrit par Loulou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |